Jeunes diplômés : vous êtes recherchés !
Par recrut.com le mercredi, juillet 2 2008, 10:05 - Gestion des carrières - Lien permanent
En tête des secteurs friands de jeunes diplômés : les banques, les assurances et l’informatique. Les SSII et les éditeurs de logiciels annoncent près de 15 000 embauches de jeunes diplômés en 2008.
Le papy-boom est enfin là...
On attend depuis longtemps le fameux « papy-boom », cette vague de départs à la retraite qui entraînerait des recrutements massifs. Or, depuis quelques mois, le papy-boom semble enfin tenir ses promesses. Au second semestre 2007, les jeunes ont ainsi été les premiers bénéficiaires de la baisse du chômage : -1,8 point contre -0,6 point pour l’ensemble des Français. Une bonne nouvelle que confirme Dominique Marrie, responsable chez Minerve Interim : « Avec le papy-boom, les employeurs ont besoin de jeunes pour prendre la relève. Les recrutements en CDD et CDI sont de plus en plus demandés pour les jeunes diplômés. Même quand il s’agit d’intérim, c’est généralement en vue d’une préembauche. »
A l’effet papy-boom s’ajoutent d’autres facteurs en faveur des nouvelles générations, notamment le niveau de salaire. « Avec la crise du pouvoir d’achat, les salariés revoient leurs exigences salariales à la hausse. Un jeune diplômé est souvent prêt à faire plus de concessions de ce côté-là... »
Dynamiques, mobiles... mais nuls en orthographe !
Les jeunes diplômés ne manquent pas d’arguments pour séduire les recruteurs. Les employeurs apprécient notamment leur adaptabilité, former un jeune novice est parfois plus facile car il n’est pas habitué à d’autres méthodes de travail. La mobilité est aussi un atout de taille. Les jeunes diplômés n’hésitent plus à partir à l’autre bout de la France, voire à franchir les frontières pour décrocher le poste de leur rêve. La motivation, l’envie d’apprendre et l’ouverture d’esprit sont autant de qualités que recherchent les recruteurs. « Les jeunes apportent des idées novatrices, une vision différente. C’est très rafraîchissant pour l’entreprise ! »
Du côté des compétences, les juniors peuvent miser sur l’informatique et les langues pour se différencier de leurs aînés. Internautes aguerris, férus de jeux vidéo, experts en bureautique, les jeunes diplômés maîtrisent instinctivement l’ordinateur et les méandres du Web. Un avantage certain dans le monde professionnel d’aujourd’hui. Même constat pour les langues : les recruteurs apprécient ces jeunes qui osent parler anglais, prennent des cours de mandarin et rêvent de partir à l’autre bout du globe. Mais attention, les cours d’anglais ne suffisent plus, une formation ou un stage d’au moins six mois à l’étranger devient indispensable pour se démarquer...
Mais les jeunes diplômés ont aussi leur talon d’Achille : l’expérience, évidemment ! Et là, les employeurs sont unanimes, un jeune sortant des études sans aucune expérience en entreprise aura beaucoup de mal à convaincre. Les stages, voire l’alternance, sont devenus la norme. Les employeurs sont prêts à les recruter à condition qu’ils connaissent le monde de l’entreprise et qu’ils aient déjà fait leurs premiers pas dans leur métier.
Quelques recruteurs se plaignent aussi du manque de professionnalisme de la nouvelle génération. « Certains ne viennent tout simplement pas aux rendez-vous, remarque Dominique Marrie de Minerve Interim. Les jeunes ont beaucoup de mal à accepter les horaires et l’autorité. » Peut-être, mais c’est le propre de la jeunesse, ce n’est pas une question de génération mais de point de vue : à toutes les époques, on a reproché aux jeunes d’être désinvoltes...
En revanche, les recruteurs s’accordent sur un point : le niveau d’orthographe ! Manque de dictée ou défaut de méthode ? Une chose est sûre : les jeunes devraient revoir leurs leçons avant d’écrire leur lettre de motivation...
Zoom sur les recrutements
En tête des secteurs friands de jeunes diplômés : les banques, les assurances et l’informatique. Les SSII et les éditeurs de logiciels annoncent près de 15 000 embauches de jeunes diplômés en 2008. Du côté des banques, on prévoit des dizaines de milliers de postes à combler d’ici 2012. Quant aux assurances, elles recherchent cette année plus de 2 000 jeunes diplômés bac +4/5.
Autres gros recruteurs pour la jeunesse : les cabinets de conseil, d’expertise comptable et d’audit. En 2008, Accenture prévoit de recruter environ 1 000 jeunes diplômés, PricewaterhouseCoopers en annonce 520 et BearingPoint 150.
Le secteur de l’énergie n’est pas en reste. La relève est loin d’être assurée pour des groupes comme EDF, Suez ou Areva. « D’ici 2015, 40 % des collaborateurs dans la production vont partir à la retraite », explique Eve Mathieu, directrice de la marque employeur d’EDF. Or, 80 % de leurs recrutements concernent justement les jeunes diplômés : près de 2 400 devraient ainsi être recrutés chaque année jusqu’en 2012.
Certains secteurs ont été délaissés par les étudiants et se retrouvent maintenant en manque de personnel. C’est notamment le cas des métiers de bouche qui embauchent 50 000 personnes chaque année, dont 20 % de débutants. Même topo pour le BTP, 50 000 jeunes devraient être embauchés dans les travaux publics au cours des cinq prochaines années. « Dans ces filières, les jeunes diplômés ne connaissent pas le chômage, souligne Frédérik Béziers, Directeur régional du groupe Hays. Trop peu de jeunes y pensent, c’est dommage car ces métiers sont aussi de mieux en mieux rémunérés. »
Jeunes diplômés handicapés
Alors que le gouvernement rappelle l’obligation, pour toute entreprise de plus de 20 salariés, d’embaucher au moins 6% de travailleurs handicapés, de nombreux chefs d’entreprise remarquent qu’il est difficile de trouver du personnel handicapé qualifié et qu’un grand décalage existe les compétences des travailleurs handicapés et les postes à pourvoir au sein des entreprises.
En effet, les jeunes handicapés sont encore trop peu nombreux à poursuivre des études supérieures. Dès après le collège, beaucoup d’entre eux se tournent vers des filières de formation courtes soit par manque d’information sur les possibilités qui leur sont offertes, soit par crainte des difficultés à surmonter.
L’association ARPEJH* dont la présidence est assurée par Monsieur Stéphane Roussel, directeur général des ressources humaines chez SFR, a présenté au gouvernement un projet visant à promouvoir la formation, l’accompagnement et l’insertion du personnel handicapé au sein des entreprises.
Cette association qui a été fondée par les grands noms de l’industrie : LVMH, L’Oréal, Air France, SFR, RTE, rejoint par La Caisse d’Epargne, Alcatel-Lucent, STMicroelectronics s’engage à :
• Informer : dès le collège, les jeunes handicapés et leurs proches sur les métiers qui leur sont accessibles • Favoriser les relations entre handicapés et entreprises par le biais de stages, contrat de qualification, contrat d’apprentissage, visite d’entreprise... • Accompagner les futurs diplômés grâce entre autres actions à des tutorats, pour leur permettre de mener à bien leur projet professionnel.
- Accompagner la Réalisation des Projets d’Etudes de Jeunes Elèves et Etudiants Handicapés
Etudiants, jeunes diplômés : choisir son entreprise
Une étude récente, réalisée par le cabinet de conseil en marketing et communication 4 vents et menée auprès de plus de 20 000 étudiants de 120 grandes écoles commerciales et d’ingénieurs, apporte des informations sur les relations entre jeunes diplômés et entreprises qui recrutent . Résumé en chiffres :
• 60 % des candidats postulent auprès d’une entreprise qu’ils connaissent déjà ; la plupart du temps grâce au site web de recrutement de l’entreprise. • Les entreprises se font connaître auprès des jeunes diplômés en majorité par le biais des forums et des services stage des écoles : respectivement 38 et 44 % • Les sites d’annonces sont efficaces à 18 % et les salons de recrutement à 9 % • 61 % des diplômés d’écoles de commerce et 51 % des ingénieurs sont tentés de contacter, lors de leur recherche d’emploi des entreprises qu’ils ont déjà rencontrées au cours de leur scolarité (lors de forums ou d’interventions directes en cours). • Le choix de l’entreprise se fait sur les critères suivants : 1. mission confiée : 54 % 2. ambiance de l’entreprise : 43 % 3. situation géographique : 39 % 4. rémunération : 37 % 5. prestige : 17 % 6. éthique : 10 % • La possibilité d’une évolution de carrière à l’étranger est une plus-value importante pour 62 % des diplômés commerciaux et pour 52 % des ingénieurs. • Enfin, les handicaps qui freinent parfois les jeunes diplômés dans leur recherche d’emploi sont principalement : 1. le manque de connaissance des entreprises potentiellement intéressantes dans leur spécialité 2. le manque d’expérience pour entrer dans l’entreprise à un poste à responsabilité. Pour remédier à cela, les entreprises qui cherchent à attirer ces jeunes talents ne reculent devant aucun effort : elles déploient une communication de plus en plus étendue, au sein même des écoles et assurent aux jeunes qui intègrent leur groupe, des formations spécialisées et des parcours individualisés... De quoi s’assurer un personnel diplômé et qualifié !
Best-of des entreprises
Les employeurs déploient les grands moyens pour charmer les jeunes diplômés. Ils s’arrachent leurs faveurs à coup de campagnes médiatiques et d’opérations séduction. Recrutement sur Second Life, espace dédié sur Facebook, soirée « speed recruiting salsa », journée Energy Day ou régate virtuelle, les grands groupes ne manquent pas d’imagination...
Cette compétition entre employeurs est couronnée par l’enquête 2008 de l’institut Trendence, publiée par l’Expansion. Bilan des courses pour les étudiants des filières techniques : EADS emporte la médaille d’or, talonné par Thales, puis Veolia Environnement qui gagne sept places par rapport à l’année précédente. Pour les autres filières, BNP Paribas et L’Oréal arrivent premiers ex aequo, suivis du géant du luxe LVMH puis de la Société Générale. HSBC figure aussi dans ce top 10. Les banques sont décidément des employeurs de choix pour les jeunes recrues !
Conseil : sachez convaincre les recruteurs
• Bien se préparer
Vous enchaînez les entretiens et commencez à vous lasser. Mais attention, les recruteurs n’apprécient pas les réponses toutes faites. Vous devez personnaliser chaque entretien au maximum, et pour ce faire, tout savoir sur l’entreprise, ses concurrents, ses problématiques, etc.
• Adopter une attitude professionnelle
Ca y est, l’école est finie ! Cela signifie aussi que vous allez changer d’univers. Les recruteurs apprécient une attitude 100 % professionnelle, à savoir un langage et une tenue adéquats et une compréhension globale du monde de l’entreprise et de ses enjeux.
• Valoriser ses périodes de stage
Objectifs, actions, résultats, voilà ce qui compte aux yeux des employeurs. Inutile de leur dresser une liste de vos cours, misez plutôt sur les missions que vous avez menées à bien durant vos stages... en mettant l’accent sur vos succès, bien entendu !
• Savoir parler de ses ambitions
Il faut vous y faire, le « futurum vitae » est la nouvelle expression à la mode. Les recruteurs apprécient les candidats capables de se projeter sur le long terme. Sachez leur présenter un projet professionnel cohérent, qui démontre que vous savez où vous allez.
• Négocier son salaire
La plupart des employeurs estiment que les jeunes diplômés ont tendance à se surévaluer... Ils ont simplement besoin que vous fassiez vos preuves. Vous pouvez par exemple accepter un salaire inférieur à vos prétentions et négocier une évolution rapide.
